Un départ sans arrivée, un ticket pour l’espace, l’éternité. Tout le monde descend.
Tu partais pour dire adieu à ta mère, ma grand-mère, direction Lot-et-Garonne, enterrer ta daronne, ta maman.
Un arrêt en plein «cœur» de Paris, tu n’as pas quitté la capitale, resté à quai pour de vrai, ton dernier Métro.
À l’aube de l’été sans fin je suis resté abandonné, famille décomposée, 2 décès en 3 jours, lourd à porter, un plein de vide. J’ai enterré mon daron et ma grand-mère coup sur coup. Le fils et la mère, de la terre au ciel.
23 ans déjà, il était un père, toujours là, près de moi, un enfant dans le monde des grands, parti à 54 ans.
Dans ton 2 pièces HLM, ton écrin de banlieue à Bagnolet, c’était ton pré-carré. Ton dernier étage, vue sur la cité 93. Escalier C.
Les grandes vacances
Tes voyages en bagnole, c’était ta farandole, ton air de jeu, ta liberté, de la Vendée au Marmandais, au pays des Montégut, une merveille sur les coteaux.
Ta conduite unique au volant, des occasions au-dessus de l’Argus, de la DS 21 à la 504, de la R16 à la Ford Taunus et j’en passe.
La voiture c’était ton dada, muni d’un seul bras costaud, tel un joueur de tennis qui frappe du gauche, tu passais les vitesses sans boite-auto.
Aventurier solitaire de la route, clope au bec, la cendre finissait souvent son chemin sur ta chemise de lin gris cendré.
Sans carrosserie pour te protéger, tu avais la peau trop fine. Un dimanche sur 2 c’était resto Chinois, le canard laqué brillait comme la rosée en pichet.
Tu étais fier de tes 2 fils, les saltimbanques sans métiers, les intermittents du moment, tes enfants terribles.
Il était un père, battre son cœur s’est arrêté le 15 juin. Ton dernier Printemps 98, ton dernier Métro à Paris, pas de changement à Châtelet Les Halles.
Ton rayon de soleil ne m’a jamais quitté, station Pyramides, la terre promise. Terminus, direction là-haut.
Pascal

![P1070539[1]](http://chevignysaintsauveurautrement.fr/files/2016/04/p10705391.jpg)









19 juin 2018 à 17 h 24 min
Tu m’as donné la chair de poule, les frissons, tu écris si bien ! Tu arrives à partager tes émotions comme certains grands auteurs. D’ailleurs je pense que tu devrais écrire un livre… C’est toujours un plaisir de te lire même si je suis de plus en plus aux abonnés absents face à l’ordinateur… Avec toutes mes amitiés
20 juin 2018 à 9 h 22 min
Les mots pour le dire
15 juin 2019 à 8 h 57 min
Très beau texte
16 juin 2019 à 13 h 17 min
Merci père et impair
16 juin 2020 à 7 h 34 min
Texte chargé d’émotions très bien écrit !
16 juin 2020 à 19 h 58 min
Émotion intacte
16 juin 2021 à 6 h 33 min
Des émotions en lisant ce beau texte si bien dit.
16 juin 2021 à 9 h 23 min
Emotion partagée
30 juin 2021 à 11 h 49 min
Vous avez su trouver les mots. Que d’émotion!
bon courage
A bientôt
30 juin 2021 à 13 h 07 min
Les maux pour le dire. Merci. P. M