Ma « Dernière Séance » avec Eddy Mitchell

1 novembre 2021

Quotidien

 

Eddy au guichet du cinéma le Trianon à Romainville

Eddy au guichet du cinéma le Trianon à Romainville (capture d’écran YouTube)

1994, je reçois un coup de téléphone fixe de la production de la série télévisée, La Dernière Séance. On me propose d’être régisseur, d’accompagner au plus près Eddy Mitchell himself, le seigneur chanteur, le mister cinéma des classiques des écrans noirs, tout un programme.

A l’aube de mes 28 ans, je relance ma carrière qui débute. À l’époque,  La Dernière Séance, c’est un RDV familial devant le poste, un fleuron de la chaîne France 3, Des westerns à la pelle, des standards du cinéma sur petit écran. Maintenant, ce programme, est encore le « Panthéon » des productions. La mélancolie du passé.

Pour cette embauche occasionnelle, je n’y voyais qu’un travail dans l’exercice de mes fonctions, régisseur des plateaux télés, mon Curriculum vitae, avec ou sans « star »,  la volonté de travailler au film de ma vie.

Cet appel est providentiel, je suis en période d’ intermittence légèrement compliquée, on va et on vient au fil des opportunités.

Régisseur général sur la Dernière Séance, et la lumière revient déjà. 

Quelle chance d’avoir vécu cette période, du petit matin au coucher du soleil, entre chien et loup avec MONSIEUR EDDY. Chauffeur de maître  je suis, Schmoll à l’arrière de la bagnole de loc, paroles et dialogues sans scénario avec le chanteur, acteur, le long du périph. Direction Romainville. Terminus, cinéma le Trianon, décor de l’émission, tout le monde descend. Eddy est arrivé à bon port sans angoisse.

Je n’ai pas frotté la carlingue de location dans les bouchons de Neuilly à Saint-Denis, mon cachet peut continuer de rouler. Je vais faire quelques courses pour le rockeur au grand coeur, un zest de whisky suffira pour s’échauffer la voix dans les coulisses.

Le présentateur producteur  de l’émission « La Dernière Séance » monte dans sa loge, à l’étage, des costumes sur portant, toujours nickel Eddy, des bottes à la crinière dorée, la costumière et la maquilleuse entrent en scène, ça fait pas un pli.

Assistant je suis, les 40 figurants, 20 techniciens se sont restaurés aux restaurants du coin, un menu unique avant le moteur.

La figuration en tenue d’époque, style années 50, 60, comme un ballet, tout est orchestré. L’équipe technique sous la houlette de Gérard Jourd’hui est dans la phase préparation, lumières et caméras en harmonie pour le travelling arrière en plan séquence de la scène d’Eddy Mitchell ( intérieur hall). Un arrêt au guichet pour un changement de plan. Parfois je suis la doublure d’Eddy, je prends la lumière en répétition, chaque détail est répété avant l’arrivée d’Eddy qui crève l’écran.

Les ouvreuses sont à leurs postes, les chocolats glacés dans le panier.

Eddy, coiffé, habillé, pochette ajustée, fait son entrée, le rideau peut se lever. Silence, ça tourne, La Dernière Séance peut commencer.

Je relève mon strapontin de régisseur bye, bye, RDV à jamais comme un nouveau né.

Coupé, fin de journée, il est 21 H, le film est terminé, l’histoire continue.

Zoom avant, j’avance le véhicule pour l’éternel retour extérieur nuit en plein sud du périph. Paris s’éveille.

Eddy Mitchell se rapproche de moi, s’infiltre côté passager, il sort une cigarette de son paquet américain, pas de feu sur lui, je « l’allume » de mon Zippo chromé, tout feu tout flamme.

J’ai rempilé sur La Dernière Séance en 1995. Eddy m’a offert un briquet et sa chemise en Jean. Yeah!

Clap sans fin.

P. M

Ironie du script

Mon père ce héros a travaillé au Crédit Lyonnais avec Eddy Moine ( Eddy Mitchell) qui était garçon de courses dans cette banque.

1993 : je remplace le fils d’Eddy Mitchell , Eddy Moine junior sur la série télé Garde à vue.

1994/1995 : régisseur sur La Dernière Séance

 

 

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À propos de chevigny saint sauveur autrement

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