Charles Gérard, un acteur que j’ai croisé sur les plateaux de la série Navarro. Nous sommes en 1992, une bonne année. Je suis régisseur adjoint, Roger Hanin dans le rôle du commissaire et Charles Gérard comme « guest », un face à face palpitant.
J’ai RDV à 11h porte Maillot à Paris pour récupérer «charlot » pour le conduire jusqu’au studio.
L’aventure c’est l’aventure, il est assis près de moi, j’ai l’impression d’être dans un film, caméra au poing, non c’est le volant que je tiens. Le comédien au 2 prénoms entame la conversation, je donne la réplique. Ses cheveux blancs, son blouson de cuir, son teint mat, sa gueule de voyou, il est déjà maquillé pour la séquence.
Incorrigible que je suis, je me suis planté de sortie sur la bretelle, un peu guignolo sur les bords, la séquence va durer, pas toute une vie. Mission quand même accomplie l’acteur est à l’heure, le Montégut fait ses armes dans la régie, pas de gifle, la belle histoire.
Charles Gérard pas banal l’Animal, une voix, une démarche chaloupée, les jambes arquées, un visage de ciné à l’ombre des premiers sur l’affiche, un second rôle de premier plan sur l’étoffe de Navarro. Un flic ou voyou il y a des jours et lunes, les uns et les autres c’est tout. Le courage d’aimer le mors aux dents. Clap de fin.
P. M













20 septembre 2019
Quotidien