Douce France

3 juillet 2017

Quotidien

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1988. Votre serviteur au grand cœur a 22 ans, il vient de décrocher un stage de réalisateur sur une série télé pour TF1. Son titre, Douce France, une SitCom, une situation comique pour les spécialistes avec les rires poussifs par-dessus.

Avant cette bonne nouvelle il a fallu passer par l’entretien d’embauche avec la co-productrice, une canadienne qui travaillait pour Hamster Productions (Pierre Grimblat) et qui voulait tenter de rivaliser avec la série Maguy sur Antenne 2, jadis.

Je ne vous dis pas le flip en entrant dans son bureau, je suis presque novice dans le circuit. Ok j’ai « bossé » avec mon oncle Jean-Pierre Bisson sur toutes les rives de Paris, théâtre et cinéma mais là c’est le premier vrai taf en perspective. 10 mois de suite de boulot, ça serait le Nirvana.

La dame du Canada est une dure à cuire, une Working girl qui a de la bouteille dans le cinéma, la télé, elle en impose. Je me souviens de son intransigeance, de sa froideur, les enjeux de la série me dépassent. Face à elle, je tiens à remporter la place. Elle ne me fait pas de cadeaux, me teste, je résiste, la confiance s’installe un peu. « OK Pascal, banco, je te prends 15 jours à l’essai, il n’y aura aucun droit à l’erreur, c’est compris… » Je suis resté les 10 mois sur le tournage et j’ai tout compris.

J’ai compris que cette télé et + c’était ma vie, ma liberté, ma passion, moi.

Douce France ou chez Jeannot

Quand tu as 22 ans et que tu vas fouler le studio Francoeur pour tourner 42 épisodes de 26 mn en plein Paris 18ème, tu rêves tous les jours. J’étais au cœur de mon cœur, avec une famille éphémère sous les projecteurs. S’occuper, être au service d’une production, rencontrer, travailler avec les acteurs, les techniciens, figurants, producteurs, réalisateurs, faire ses preuves à chaque instant pour durer, l’intuition sera ma force, une école buissonnière sans fausse note.

TF1 et la prod avaient les moyens : reconstitution d’un village complet, intérieur et extérieur dans le studio où le décor principal était un bistrot au nom de « Chez Jeannot ». Pour le pitch, Henri Guybet était le patron du troquet avec ses acolytes comme « guests », de grands acteurs rue Francoeur.

A l’issue d’un plan de travail bien tenu, les nuits étaient très courtes vers le métro Blanche, avec mon nouvel ami Stan stagiaire régie, la rue Fontaine était notre berceau, notre décor de cinéma aux histoires courtes.

Barbier et Gingembre étaient les scénaristes au nez fin de la série Douce France et aussi de la Série Maguy. La série Douce France est tombée assez rapidement dans les oubliettes de la République et c’est depuis ce jour « d’entretien d‘embauche » avec la dame du Canada du 2e étage de la rue Jean Mermoz Paris 8ème, que j’ai pris mon envol pour un décollage immédiat, la tête dans les étoiles.

Cette photo en noir et blanc est une belle couleur de ma vie.

P.M

https://fr.wikipedia.org/wiki/Douce_France_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e)

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2 Réponses à “Douce France”

  1. BRUNO Dit :

    aucun souvenir de cette série ça devait traîner ….
    belle expérience en tout cas…Un certain MONTEGUT Pascal m ‘a dit que la vie n ‘était faite que de rencontres
    euh…. J ‘ai bien fait de le rencontrer finalement

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  2. chevigny saint sauveur autrement Dit :

    C’est vrai Bruno, se rencontrer finalement c’est une expérience en série.

    Répondre

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